
Soufflait le vent... avec Débordements, Du dimanche 28 juin au mercredi 1er juillet 2026
Présentation
Une fois de plus, Le Cratère vous convie à une Fête du cinéma bien singulière. Cette fois-ci en compagnie des autrices et auteurs critiques de la revue Débordements (https://debordements.fr/). Merci à l'équipe de la revue d'avoir accepté cette proposition et d'avoir élaboré en 11 films, ce cheminement cinématographique. Merci aux critiques qui seront parmi nous durant ces quatre jours de programmation intense. Le Cratère espère voir le public toulousain présent pour découvrir ou redécouvrir ces films et échanger avec nos invitées et invités.
Le Cratère

« Siffle le vent,/hurle la tempête,/les souliers sont usés et pourtant il faut aller/conquérir le printemps rouge/où se lève le soleil de l’avenir ». Ainsi fait la célèbre chanson partisane italienne que Nanni Moretti avait choisie pour intituler son film sorti en 2023, Il sol dell’avenire en souvenir d’un combat qu’il croit être le seul à ne pas avoir perdu de vue. Regarder vers le passé, aller vers l’avenir, voilà l’idée derrière la programmation que propose la revue Débordements au cinéma Le Cratère entre le 28 juin et le 1er juillet 2026 à l’occasion d’une Fête du cinéma alternative.
A une époque où les droits et acquis sociaux âprement gagnés au fil des combats sont de plus en plus fragilisés par un monde rongé par le néo-fascisme et l’ultra-libéralisme, nous nous proposons de faire un retour sur les luttes qui ont traversé nos sociétés contemporaines et comment le cinéma, à défaut d’en être l’anti-chambre, en a pu être la chambre noire, le témoin privilégié, l’outil de la lutte et son archive nécessaire, du port de Marseille à la forêt colombienne en passant par la Sicile et la côte bretonne. Circulation entre des époques et des géographies diverses, cette programmation se veut éclectique, entre gestes militants et cinéma grand public, elle vise à offrir un panorama des luttes et des différentes manières d’en conserver la trace.
Quatre journées thématiques seront l’occasion de voir le cinéma comme mémoire et témoin des luttes qui n’ont cessé de traverser la société et les classes : luttes décoloniales, luttes syndicales, zones à défendre, corps à protéger. Des luttes dans et hors du cinéma, hier et aujourd’hui, intersectionnelles, actuelles, toujours renouvelées et encore à imaginer.
Plusieurs séances seront accompagnées de débats pour élargir et enrichir cette discussion, plus que jamais urgente et débordante.
Débordements
Tarif unique à 4€ pour chaque séance.
Les éditions
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Zones à défendre Soufflait le vent... avec Débordements

Mercredi 1er juillet 2026
Fête du cinéma 2026 : Soufflait le vent... avec Débordements
Puisque plusieurs films programmés évoquent, de près ou de loin, la notion « d’action directe », il nous semblait normal de réfléchir aux évolutions des actions politiques concrètes et radicales, esquissées hier, vivantes aujourd’hui, projetées dans l’avenir. Ces deux films, séparés de quelques dizaines d’années et de quelques centaines de kilomètres (le Finistère des années 80, Notre-Dame-des-Landes entre 2022 et 2023), racontent comment des collectifs vivants et originaux ont réussi à repousser l’installation d’un pouvoir destructeur pour imposer, en retour, leur puissance propre.
Une puissance politique qui, se dépassant depuis l’intérieur d’elle-même, devient aussi puissance cinématographique. Il est aujourd’hui devenu un lieu commun de rappeler que « radical » signifie « à la racine » : admirons donc comment la lutte politique peut se faire réellement « à la base » – dans un territoire partagé, des actions concrètes, des gestes communs – et pensons aussi aux autres lieux et aux autres temps à investir, ici et maintenant.
Mercredi 1er juillet 2026
Rencontre avec les autrices et auteurs de la revue Débordements
16h30 : Plogoff, des pierres contre des fusils
18h30 ou 19h : pot commun
19h30 : Direct Action -
Luttes décoloniales Soufflait le vent... avec Débordements

Mardi 30 juin 2026
Fête du cinéma 2026 : Soufflait le vent... avec Débordements
Contre le risque d’un decolonial washing – car c’est ainsi que l’on pourrait désigner la façon dont les institutions muséales et cinématographiques se saisissent aujourd’hui des thèmes décoloniaux – quelle est l’actualité de la pensée anticolonialiste au cinéma ? Aujourd’hui, le deuxième cinéma – l’art et essai des grands festivals internationaux – a-t-il finalement triomphé sur le Troisième Cinéma, tel qu’il est conçu par Fernando Solanas, c’est-à-dire d’un cinéma libéré des attendus occidentaux ?
Les trois films proposés, sortis entre 1974 et 2026, offrent chacun une manière de résister à l’impérialisme esthétique du cinéma traditionnel tout en se distinguant dans leurs démarches : un film embarqué dans une guerilla marxiste-léniniste au Dhofar, un autre auprès des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et de leurs archives, un dernier réalisé lors d’un procès opposant une communauté autochtone à des propriétaires terriens. Tous pourtant réactivent une histoire conflictuelle, non pour sa prétendue sensibilité, mais parce qu’elle manifeste la survivance d’un continuum colonial et impérialiste dans les territoires où ils s’ancrent.
Mardi 30 juin 2026
Rencontre avec Élias Hérody critique de cinéma à Débordements
15h30 : Guerilla des Farcs : l'avenir a une histoire
18h30 : L'heure de la libération a sonné
20h30 : Nuestra Tierra En partenariat avec le GNCR -
Passé et Présent Soufflait le vent... avec Débordements

Lundi 29 juin 2026
Fête du cinéma 2026 : Soufflait le vent... avec Débordements
Notre époque serait celle de la fin des idéologies, des « ismes » et des lendemains qui chantent. Pourtant elle apparaît aussi comme la fin d’une parenthèse, et si nous vivons dans une interminable crise, ce n'est peut-être pas qu'une mauvaise nouvelle. Car notre époque est aussi celle de la nostalgie, non pas d’un passé unanimement glorieux, mais des espoirs qui y existèrent.
Comment les souvenirs des luttes passées infusent dans le monde d’aujourd’hui, c’est le sujet de cette programmation, et c’est explicitement le sujet de ces trois films, où des personnages puisent dans l’histoire des mouvements sociaux pour penser le présent et l'avenir.
On y verra, mis en scène et mis au présent, le souvenir des mouvements clandestins, libertaires et révolutionnaires qui secouèrent la seconde moitié du XXè siècle ; le souvenir des luttes syndicales dans des pays où la révolution a pu sembler à porter de main ; le souvenir de ce bouleversement que fut, en France, mai 68. Des films et des personnages qui nous rappellent que pour penser l’avenir, il faut précisément penser le passé, sans romantisme, ni mauvaise foi. Comme l’écrivait Bertolt Brecht : « Puisse chacun être son propre historien. Alors il vivra avec plus de soin, et d'exigence. »
Lundi 19 juin 2026
Rencontre avec Pierre Jendrysiak critique de cinéma à Débordements
13h30 : One battle after another16h45 : Les neiges du Kilimandjaro19h45 : Reprise -
Italie Soufflait le vent... avec Débordements

Dimanche 28 juin 2026
Fête du cinéma 2026 : Soufflait le vent... avec Débordements
Au début des années 1970, l'Italie se retrouve dans ce qu'on aura qualifié d'une « époque schizophrène » : après s’être libéré d’un fascisme qu’il a vu naître, le pays louvoie vers un avenir incertain. Se rencontrent alors le consumérisme étourdi du boom économique des années 1960, les moeurs conservatrices d’un pays qui n’a pas encore les deux pieds dans la modernité et le début des années de plomb, bataille politique et idéologique maculée d'attentats qui mènera à la fin de l'espoir d'un pays dirigé par la gauche. Combat de la rue, combat des idées, combat culturel, le cinéma italien habité d’intellectuels de gauche s'est retrouvé à suivre les afflux et crises qui secouaient le pays, devenant par cette entremise le miroir et l’outil d’une lutte. A côté de films militants il s’est aussi fait le témoin d’une approche réflexive critique sur la limite de ses propres modes d’action.
Les trois films montrés manifestent cette névrose : comment penser la lutte à partir de gens qui ne luttent pas ou ne luttent plus ? Les ouvriers de Lina Wertmüller et Elio Petri n’ont pas le temps d’y penser, trop accaparés qu’ils sont par un système qui les aliène et le cinéaste qu'est Nanni Moretti hanté par ses fantômes pousse des cris que plus personne ne souhaite entendre ou comprendre. Mais comme écrivait Roland Barthes, « voir quelqu'un ne pas voir, c'est la meilleure façon de voir intensément ce qu'il ne voit pas ». Voir, montrer, c’est déjà poser les outils de la lutte.
Rencontre avec Ainhoa FeodoroffDimanche 28 juin 2026 :
15h : Mimi métallo17h30 : La classe ouvrière va au paradis + film surprise21h : Vers un avenir radieux
Les séances (passées)
- Mimi Metallo blessé dans son honneur de Lina WertmüllerRencontre avec Ainhoa Feodoroff
- La Classe ouvrière va au paradis de Elio PetriRencontre avec Ainhoa Feodoroff
- Vers un avenir radieux de Nanni MorettiRencontre avec Ainhoa Feodoroff
- Une bataille après l'autre de Paul Thomas AndersonRencontre avec Pierre Jendrysiak
- Les Neiges du Kilimandjaro de Robert GuédiguianRencontre avec Pierre Jendrysiak
- Reprise de Hervé Le RouxRencontre avec Pierre Jendrysiak
- Guérilla des FARC, l'avenir a une histoire de Pierre CarlesRencontre avec Élias Hérody
- L'Heure de la libération a sonné de Heiny SrourRencontre avec Élias Hérody
- Nuestra Tierra de Lucrecia MartelRencontre avec Élias Hérody
- Plogoff, des pierres contre des fusils de Nicole Le GarrecRencontre avec les critiques de la revue Débordements
- DIRECT ACTION de Ben Russell, Guillaume CailleauRencontre avec les critiques de la revue Débordements
Les films
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Infos et séances : DIRECT ACTION, de Ben Russell, Guillaume Cailleau, rencontre

En janvier 2018, l’abandon de la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes met un terme au combat mené pendant des années par l’une des plus importantes communautés d’activistes de France. En immersion dans la ZAD entre 2022 et 2023, Guillaume Cailleau et Ben Russell rendent compte d'une société qui, après la lutte qui l'a réunie, esquisse à présent les contours d’un autre monde possible. Au même moment, à Sainte-Soline, les Soulèvements de la Terre s’opposent à un projet de privatisation de l’eau et se heurtent, une fois encore, à la violence de l’État.
Rencontre avec les critiques de la revue Débordements — mer. 1er juil. · 19h30
Séance passée
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Infos et séances : Guérilla des FARC, l'avenir a une histoire, de Pierre Carles, rencontre

Retour sur 50 ans de vie de la guérilla colombienne. Des femmes et des hommes, qui ont pris les armes dans un contexte de profondes inégalités sociales et de violence politique, racontent leur vie de combattants et leur sortie du maquis, sans se renier. Depuis le début des négociations de paix en 2012, jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement progressiste en 2022, l'histoire d'un nouveau combat.
Rencontre avec Élias Hérody — mar. 30 juin · 14h30
Séance passée
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Infos et séances : L'Heure de la libération a sonné, de Heiny Srour, rencontre

En 1965 dans la région du Dhofar, une guérilla hors du commun s'organise contre le fils de Saïd ibn Taimour, le Sultan d'Oman, qui vient d'être remplacé par un coup d'état organisé par les services secrets anglais. L'Heure de la libération a sonné est un documentaire sans concession sur l'histoire d'une révolution en train de se faire, le récit unique d'une guerre oubliée. Heiny Srour sera la première femme arabe à être sélectionnée au Festival de Cannes en 1974.
Rencontre avec Élias Hérody — mar. 30 juin · 17h45
Séance passée
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Infos et séances : La Classe ouvrière va au paradis, d’Elio Petri, rencontre

Lulù Massa, véritable stakhanoviste du travail, est ouvrier modèle dans une usine métallurgique : grâce à son extrême rapidité, son rendement est cité en exemple par son patron. Les autres travailleurs ne voient pas d’un bon oeil ces cadences infernales, et il est détesté de ses collègues dont il méprise les revendications sur les conditions de sécurité au travail. Bercé par les rêves de la société de consommation entre son amie, son fils Arturo resté avec sa mère après le divorce de ses parents, sa voiture et sa télévision, Lulù réalise parfois la vanité de la vie qu’il s’impose. Alors qu’il se coupe un doigt accidentellement les autres ouvriers, par solidarité, se mettent en grève. Cet événement provoque en lui une profonde remise en question. Lulù décide alors de s’investir dans l’action syndicale et engage toute son énergie dans ce nouveau combat. Il soutient alors la nécessité d’une grève illimitée…
Rencontre avec Ainhoa Feodoroff — dim. 28 juin · 17h15
Séance passée
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Infos et séances : Les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian, rencontre

Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans. Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent. Ils ont des amis très proches. Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques. Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux jeunes hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit… Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprennent que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.
Rencontre avec Pierre Jendrysiak — lun. 29 juin · 16h45
Séance passée
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Infos et séances : Mimi Metallo blessé dans son honneur, de Lina Wertmüller, rencontre

Carmelo Mardocheo, un brave ouvrier sicilien surnommé Mimi, poursuivi par la mafia à cause de ses sympathies pour le parti communiste, assiste en outre au naufrage de son mariage. Pour avoir voté contre le candidat soutenu par l'Organisation, il est contraint de quitter sa ville. Mimi se retrouve à Turin où il fait la connaissance de Fiore, une jeune femme engagée. Il entame une liaison avec celle-ci et ne tarde pas à fonder un foyer à l'insu de sa femme restée en Sicile...
Rencontre avec Ainhoa Feodoroff — dim. 28 juin · 14h30
Séance passée
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Infos et séances : Nuestra Tierra, de Lucrecia Martel, rencontre

Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d'expulser les membres de la communauté autochtone de Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar. Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d'impunité et des siècles d'histoire coloniale, le procès s'ouvre.
Rencontre avec Élias Hérody — mar. 30 juin · 19h30
Séance passée
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Infos et séances : Plogoff, des pierres contre des fusils, de Nicole Le Garrec, rencontre

Plogoff, février 1980 : toute une population refuse l'installation d'une centrale nucléaire à quelques encablures de la Pointe du Raz, face à l'île de Sein. Nicole et Félix Le Garrec ont filmé jour après jour ces luttes quotidiennes et ont réalisé en 1981 un documentaire long métrage "Plogoff, des pierres contre des fusils".
Rencontre avec les critiques de la revue Débordements — mer. 1er juil. · 16h30
Séance passée
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Infos et séances : Reprise, de Hervé Le Roux, rencontre

Le 10 juin 1968, des étudiants en cinéma filment la reprise du travail aux usines Wonder de Saint-Ouen. Une jeune ouvrière en larmes crie, dit qu’elle ne rentrera pas. 1997 : Le réalisateur Hervé Le Roux part à la recherche de cette femme en rencontrant d’anciens ouvriers, militants et syndicalistes, en leur donnant la parole. Cette enquête amoureuse et cinématographique quasi obsessionnelle, va dérouler un pan d’Histoire inouï.
Rencontre avec Pierre Jendrysiak — lun. 29 juin · 19h30
Séance passée
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Infos et séances : Une bataille après l'autre, de Paul Thomas Anderson, rencontre

Une bande d'anciens révolutionnaires se réunit pour sauver la fille de l'un des leurs quand leurs ennemis refont surface après 16 ans.
Rencontre avec Pierre Jendrysiak — lun. 29 juin · 13h30
Séance passée
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Infos et séances : Vers un avenir radieux, de Nanni Moretti, rencontre

Giovanni, cinéaste italien renommé, s’apprête à débuter le tournage d'une fresque politique. Mais entre son couple en crise, son coproducteur au bord de la faillite et le monde du cinéma qui change, tout semble jouer contre lui. Toujours sur la corde raide, Giovanni va devoir repenser sa manière de faire s’il veut mener tout son petit monde vers un avenir radieux.
Rencontre avec Ainhoa Feodoroff — dim. 28 juin · 20h00
Séance passée